Établissement d’un prévisionnel : 6 questions à poser

Établissement d’un prévisionnel : 6 questions à poser




L’établissement d’un prévisionnel nécessite une grande préparation. Tout entrepreneur doit se rappeler que ce document sert d’outil de persuasion lors d’une demande de financement auprès du banquier et des financeurs externes. Son contenu doit être fiable. En outre, il doit mettre en évidence la rentabilité et la viabilité du projet.

Dans le cadre de la préparation du prévisionnel donc, il est nécessaire de s’interroger sur bien d’autres points essentiels. La liste suivante pourrait justement vous servir de guide. Elle inclut quelques conseils pratiques à prendre en compte avant de se lancer dans la création du document.

Quelles sont les autres dépenses à considérer ?

Sachez que les achats et les ventes ne sont pas les seules postes de dépenses à prendre en compte lors de l’établissement d’un prévisionnel. Il faut aussi se pencher sur d’autres paramètres qui peuvent générer des frais supplémentaires. Pour commencer, il y a le local professionnel. Faut-il le louer ? Quel est le montant du loyer ? Quel est le mode de paiement ?

Le recours à un expert-comptable est un autre point à analyser. C’est parfois incontournable lorsqu’on manque de compétences en matière de comptabilité. Il faut alors estimer ses honoraires annuels et définir le moyen de règlement.  La prochaine question à poser est : avez-vous besoin d’une formation ? Si oui, il va falloir déterminer les frais à payer.

Maintenant, il faut s’interroger sur les moyens de communication indispensables au fonctionnement de l’entreprise. Est-il nécessaire de souscrire des forfaits téléphoniques ou Internet ? Faut-il engager un créateur de site web afin d’avoir une bonne présence sur la toile ? Tout cela doit s’inscrire dans le prévisionnel.

Pour compléter la liste des autres dépenses à analyser lors de la préparation d’un prévisionnel, il faut parler des divers coûts de déplacement et de l’assurance. Le prix des matériels et des véhicules de fonction n’est pas à oublier. Notons qu’il est nécessaire de lister tous ces frais divers et d’indiquer leur montant.

Faut-il recruter du personnel ?

Si la concrétisation du projet exige le recrutement de salariés, il faut budgétiser les dépenses que cela pourrait engendrer. Mais avant cela, vous devez déterminer les postes à créer. Ensuite, il est nécessaire d’estimer les frais de recrutement sans oublier de définir les salaires à proposer pour séduire les candidats.

Puisqu’il faut parfois motiver les employés afin de les rendre plus productifs, il faut aussi penser aux moyens  à adopter afin de récompenser leurs efforts. Pensez-vous leur verser des primes ? Si oui, il faut les calculer à l’avance et préciser le moment  où vous envisagez de les distribuer. Il est tout aussi important de calculer les charges sociales à payer chaque mois ou chaque trimestre.

Sachez que le fait de recruter du personnel vous permet d’accéder à un crédit d’impôt compétitivité emploi. C’est un avantage accordé aux salaires jusqu’au 31 décembre 2018. Il n’est plus accessible à compter du 1er janvier 2019.

Le dirigeant sera-t-il rémunéré ?

La source de revenus du dirigeant constitue un autre point à relever. Elle a un impact important dans les comptes prévisionnels. Le dirigeant peut être rémunéré pour ses fonctions. Sinon, il accède à une part de dividendes. Mais tout cela constitue une sortie d’argent.

En cas de rémunération des fonctions de dirigeant, il est nécessaire de prévoir les charges sociales y afférentes. Normalement, le montant est égal à 40% du salaire brut si le chef d’entreprise s’adjuge du statut de salarié. En revanche, il est équivalent à 45% de la rémunération encaissée pour un dirigeant TNS (Travailleur non salarié). Bien entendu, ce sont des taux approximatifs. Mais l’expert-comptable peut déterminer le montant exact des charges à payer. Il est important de souligner que même si le chef d’entreprise ne perçoit pas un revenu, il est redevable aux cotisations TNS minimales.

En cas de prise de dividendes, la première chose à faire est de déterminer la part qui revient au dirigeant. Ce montant est à inscrire dans le prévisionnel puisqu’il s’agit d’une dépense. En outre, son paiement va générer une réduction des capitaux propres. Il faut toutefois indiquer que l’attribution des dividendes n’a lieu qu’après la clôture de l’exercice et à condition que l’entreprise ait réalisé un bénéfice.

Quels sont les impôts et taxes à budgéter ?

Le prévisionnel comporte aussi une rubrique dédiée aux impôts et taxes. Quelles sont les charges fiscales à intégrer dans le document ? Tout d’abord, il y a la taxe d’apprentissage et la contribution à la formation professionnelle. A régler au mois de mars, elles sont à intégrer dans le prévisionnel en cas de recrutement de salariés. Puis, il y a la participation à l’effort construction. Elle s’inscrit obligatoirement dans le document si le nombre du personnel est supérieur ou égal à 20.

Dans le cas où l’entreprise prévoit d’acheter ou de louer des véhicules de tourisme, il faut aussi budgéter la TVS. Elle est à payer en fin d’année. En outre, la CVAE est à prévoir si le chiffre d’affaires annuel s’élève à plus de 500.000 €. En revanche, c’est la C3S qui doit incorporer le prévisionnel lorsque le chiffre d’affaires réalisé est de 760.000 € par an. Son montant est égal à 0,16% du chiffre d’affaires et il faut la régler au mois de mai de l’année qui suit.

Pour finir, il faut parler de l’impôt sur les sociétés. Il est à mentionner dans le prévisionnel si la société bénéficie d’un taux réduit d’IS à 15% pour les 38.120 premiers euros de bénéfice.

Qu’en est-il du régime de TVA ?

Normalement, toute entreprise est soumise à ce régime d’imposition. Si certaines doivent appliquer la franchise en base, d’autres sont tenues de souscrire une déclaration annuelle ou une déclaration mensuelle de TVA. Notons que la franchise en base doit figurer dans le prévisionnel, car elle peut interférer dans l’établissement du plan de trésorerie.

Chaque entrepreneur est aussi tenu de définir le taux de TVA qui correspond à son activité. En général, les sociétés qui réalisent des investissements conséquents doivent opter pour le régime réel normal (RN). Cela signifie qu’elles doivent souscrire une déclaration mensuelle de la TVA.

Y a-t-il une chance d’accéder à des aides financières ou à des avantages fiscaux et sociaux ?

De nombreux dispositifs permettent aux nouveaux entrepreneurs d’accéder à une subvention ou à un allègement des charges fiscales et sociales. Ils ont été conçus pour favoriser la création d’emploi. Sachez que ce genre de privilège a une incidence importante sur le prévisionnel.

L’ACCRE garantit par exemple une baisse des charges sociales. Les exonérations ZFU donnent en revanche droit à des exonérations d’impôts et des exonérations sociales. Il faut aussi mentionner le dispositif JEI, le crédit d’impôt recherche et le crédit d’impôt innovation qui promettent tous des avantages fiscaux.

Attention ! Pour assurer la fiabilité du prévisionnel, il faut seulement intégrer les aides qu’on est sûr d’obtenir. Par prudence, il est même conseillé de réaliser un prévisionnel sans ces diverses subventions.

 

 
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