On a tous eu ce moment. L’idée est là, le projet tient la route, et puis vient la question qu’on n’attendait pas : par où commencer administrativement ? On ouvre Google, on tombe sur l’INPI d’un côté, Legalstart de l’autre, et on ne sait plus vraiment lequel choisir. L’un est officiel et gratuit, l’autre est rassurant et payant. Ni l’un ni l’autre ne se ressemble vraiment. Voici ce qu’on a voulu décortiquer pour vous, sans langue de bois et sans vous vendre du rêve.
Ce que l’INPI Guichet Unique est vraiment (et ce qu’on ne vous dit pas)
Depuis le 1er janvier 2023, toute création d’entreprise en France passe par un point d’entrée unique : le Guichet Unique de l’INPI. Cette réforme, issue de la loi PACTE, a mis fin aux anciens centres de formalités des entreprises (CFE). Désormais, qu’on crée une micro-entreprise, une SARL ou une SAS, tout se dépose sur la même plateforme : formalites.entreprises.inpi.fr. L’accès est gratuit, hors frais réglementaires obligatoires comme l’annonce légale ou les frais de greffe.
Sur le papier, c’est une avancée. Dans les faits, le démarrage a été chaotique. Des bugs techniques, des dossiers bloqués, des délais d’immatriculation rallongés : les premiers mois ont sérieusement entamé la confiance des créateurs. La plateforme s’est depuis stabilisée, mais elle demande une vraie autonomie. Renseigner soi-même les statuts, choisir le bon régime fiscal, rédiger les documents annexes sans se tromper : ce n’est pas insurmontable, mais ça ne pardonne pas l’approximation.
Alors oui, c’est gratuit. Mais gratuit ne veut pas dire simple. Et c’est précisément pour ça que des milliers d’entrepreneurs préfèrent payer quelqu’un pour le faire à leur place.
Legalstart, la promesse du « zéro prise de tête »
Legalstart est une legaltech française fondée en 2012, spécialisée dans la création d’entreprise et les formalités juridiques en ligne. Le principe est clair : vous répondez à un questionnaire guidé, ils s’occupent du reste. Rédaction des statuts, annonce légale, dépôt du dossier au Guichet Unique, suivi jusqu’à l’immatriculation. Les tarifs démarrent autour de 130 € HT pour les offres de base et peuvent monter jusqu’à 400 € HT pour les formules avec accompagnement juridique renforcé, sans compter les frais légaux obligatoires.
Avec plus de 15 000 avis Google et une note de 4,4/5, la plateforme a construit une vraie crédibilité. Les retours soulignent la simplicité du parcours et la réactivité du support. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Legalstart ne dispose d’aucun circuit administratif privilégié. Le dossier finit exactement au même endroit que si vous l’aviez déposé vous-même sur l’INPI. Ce qu’on achète ici, c’est du temps, de la sécurité juridique et une charge mentale allégée.
Le vrai comparatif : ce qui change, ce qui ne change pas
Pour y voir clair, voici les critères qui comptent vraiment mis côte à côte. Le circuit administratif final est le même dans les deux cas. Ce qui diverge, c’est tout ce qui se passe avant.
| Critère | INPI Guichet Unique | Legalstart |
|---|---|---|
| Coût du service | Gratuit | 130 à 400 € HT |
| Frais réglementaires | Oui (greffe, annonce légale) | Oui (inclus selon formule) |
| Autonomie requise | Élevée | Faible |
| Accompagnement humain | Aucun | Oui (chat, email, téléphone) |
| Rédaction des statuts | À votre charge | Prise en charge |
| Statuts juridiques couverts | Tous | SAS, SARL, EURL, SCI, micro |
| Risque d’erreur | Élevé sans accompagnement | Faible |
| Micro-entreprise gratuite | Oui | Non |
| Suivi post-création | Aucun | Limité selon formule |
Un point souvent passé sous silence : Legalstart ne propose pas d’offre gratuite pour la micro-entreprise, contrairement à des plateformes comme Shine ou L-Expert-Comptable. Si vous créez une structure simple et que vous avez le temps de vous y mettre, payer une centaine d’euros pour une démarche faisable seul peut sembler difficile à justifier. Votre profil, lui, dira tout.
Quel profil pour quel outil ?
Il n’y a pas de réponse universelle, mais il y a des profils évidents. Voici comment les distinguer honnêtement.
L’INPI Guichet Unique convient si vous :
- Créez une micro-entreprise ou une entreprise individuelle simple
- Êtes à l’aise avec les démarches administratives en ligne
- Avez du temps devant vous et souhaitez éviter tout frais de service
- Connaissez déjà le régime fiscal et social que vous souhaitez adopter
Legalstart est pertinent si vous :
- Créez votre première société (SAS, SARL, EURL, SCI)
- Montez une structure avec plusieurs associés et avez besoin de statuts bien rédigés
- Préférez déléguer pour consacrer votre énergie au lancement commercial
- Souhaitez un interlocuteur juridique disponible en cas de question
Mais il existe un troisième cas que la plupart des comparatifs ignorent : celui de l’entrepreneur qui se lance seul, sans bagage juridique, dans une structure plus complexe qu’une micro-entreprise. Ni assez autonome pour l’INPI, ni forcément prêt à débourser 300 € sans comprendre ce qu’il paie. Pour ce profil, des alternatives méritent d’être connues.
Ce que les concurrents ne vous disent pas
Sur l’INPI, les erreurs de dossier coûtent cher, pas en argent, mais en temps. Un formulaire mal rempli entraîne un rejet de dossier, des demandes de pièces complémentaires, et des délais d’immatriculation qui peuvent dépasser les trois semaines. Dans des cas plus graves, une erreur sur les statuts peut nécessiter une modification ultérieure facturée plusieurs centaines d’euros.
Du côté de Legalstart, il faut savoir que les annonces légales sont parfois sous-traitées à des journaux partenaires, sans que vous en ayez toujours le choix. L’accompagnement post-création reste limité dans les formules d’entrée de gamme : on vous aide à naître, mais pas forcément à grandir. Pour la comptabilité, la gestion des fiches de paie ou les modifications de statuts, il faudra souvent repasser à la caisse.
Le marché ne se résume d’ailleurs pas à ces deux acteurs. LegalPlace propose des tarifs comparables avec une interface soignée. Captain Contrat se positionne davantage sur l’accompagnement juridique sur-mesure, à des tarifs plus élevés. Indy ou Shine intègrent la création d’entreprise dans un écosystème comptable et bancaire. Chaque solution répond à un besoin différent. Il n’y a pas de mauvais choix objectif, il y a des choix inadaptés à votre situation.
Les questions que tout le monde se pose avant de choisir
Avant de trancher, voici les interrogations qui reviennent le plus souvent, avec des réponses directes, sans détour.
Legalstart est-il fiable ? Oui. La plateforme existe depuis 2012 et a accompagné plusieurs centaines de milliers d’entrepreneurs. Sa note de 4,4/5 sur plus de 15 000 avis le confirme. Ce n’est pas parfait, mais c’est sérieux.
Peut-on passer par Legalstart pour une micro-entreprise ? Techniquement oui, mais ce n’est pas rentable. La création d’une micro-entreprise via l’INPI est entièrement gratuite. Payer Legalstart pour cette démarche n’apporte pas de valeur ajoutée significative.
L’INPI Guichet Unique est-il vraiment gratuit ? Le service de la plateforme est gratuit. En revanche, les frais réglementaires restent dus : annonce légale (environ 150 à 220 € pour une SARL), frais de greffe (environ 37,45 € pour une SARL), et éventuellement les honoraires d’un expert-comptable si vous vous faites aider en dehors.
Quel délai pour obtenir son Kbis ? En moyenne, comptez 5 à 10 jours ouvrés après validation du dossier, quel que soit l’outil utilisé. Les délais peuvent s’allonger en cas de dossier incomplet ou de forte affluence au greffe.
Que se passe-t-il si je fais une erreur sur l’INPI ? Votre dossier peut être rejeté ou mis en attente. Vous recevez une demande de correction par email. Dans les cas les plus simples, c’est une perte de temps. Dans les cas plus sérieux, une erreur sur les statuts déposés peut entraîner une modification statutaire payante une fois l’entreprise immatriculée.
Notre verdict tranché
Si vous créez une micro-entreprise ou une EI : passez directement par le Guichet Unique de l’INPI. Prenez le temps de bien lire les instructions, préparez vos documents en amont, et vous n’avez aucune raison valable de payer un intermédiaire.
Si vous créez une SAS, SARL, ou toute société avec capital et associés : Legalstart représente un investissement raisonnable. Pour 150 à 250 € HT, vous sécurisez des statuts bien rédigés, une annonce légale conforme et un suivi jusqu’au Kbis. En tenant compte des frais réglementaires inévitables (annonce légale + greffe), le coût réel d’une création via Legalstart tourne autour de 350 à 500 € tout compris. Via l’INPI seul, comptez entre 190 et 260 € de frais obligatoires, mais en y consacrant plusieurs heures et en acceptant le risque d’erreur.
La vraie question n’est pas « lequel est le meilleur ». La vraie question, c’est ce que vaut votre temps, et ce que coûte une erreur dans votre cas précis. Créer sa boîte gratuitement, c’est possible. Mais se planter sur les statuts, ça coûte infiniment plus cher que 150 €.




